VIOLENCES EN MILIEU SCOLAIRE

La journée du Mercredi 11 mars a fait l’objet d’une discussion sur la violence et l’insécurité. C’est donc avec grand plaisir que j’ai pris part à cette réflexion, en lien avec le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

Pour reprendre les thèmes de cette conférence, « Violence et insécurité », quel rôle pour la femme ?, nous nous rendons compte, que si des avancées majeures et significatives ont été fait à l’endroit des femmes, il demeure celui de la question de leur sécurité, de leur appropriation de l’espace public sans être victime de harcèlement, de viols ou de tout autre forme de violences. Les droits des femmes et des filles sont des droits humains.

Les femmes devraient avoir le droit de circuler librement sans toujours se remettre en question.  « Je suis de la Génération Égalité : Et je me lève pour les droits des femmes et pour les droits de toute ma nation ». Et je n’espère ne pas être la seule et que les hommes se retrouveront aussi dans mon combat.

En trois parties, j’ai souhaité aborder avec le public :

  1. D’abord de la violence à l’école
  2. Ensuite de la persistance de la violence à l’égard des femmes dans tous les espaces ;
  3. Pour terminer, des rôles clés que peuvent jouer les femmes ;

Je commencerai par la citation de Nelson Mandela « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». Donc pour détruire un pays, il suffit tout simplement de détruire son système d’éducation et de ne promouvoir que les médiocres.

Or, un établissement scolaire a principalement pour mission d’inculquer des valeurs tels que la paix, la solidarité, l’amour du travail, l’honnêteté, l’intégrité, la quête de l’excellence, de véhiculer le savoir, de permettre aux élèves futurs adultes de demain, de devenir des citoyens autonomes et responsables.

Le milieu scolaire est salutaire et nous pouvons toutes et tous en témoigner. Un bon cursus scolaire nous ouvre les portes de l’entreprise, carrière professionnelle, voyages d’affaires, opportunités mais aussi maison, sécurité, indépendance, autonomie, satisfaction, plaisir, bonheur etc.

De plus, au cours de notre apprentissage, nous avons toutes et tous été marqué par plusieurs enseignants qui n’ont cessé de nous encourager et de nous stimuler, et de nous dire que nous sommes le/ou la meilleure dans un domaine précis. Un bon éducateur traite ses élèves avec respect et courtoisie. Il est à leur écoute et les traite comme des individus pouvant avoir des choses intéressantes à dire et à partager. Un bon éducateur est celui qui aide et guide ses élèves, il suscite l’entraide entre élèves, il intègre les enfants/adolescents en difficultés ; il tient compte du rythme, des talents et des compétences de chacun ; il encourage par la fermeté et la bienveillance. Qu’en est-il de l’influence de l’enseignant sur l’apprentissage des élèves ?

Je me souviens, en classe de CM2, une maitresse me répétait constamment que j’avais une belle plume. Et elle n’a pas été la seule à me le dire, et j’ai souhaité très très fort, me distinguer et au fil du temps, encore, m’améliorer, travailler davantage sur ce qui semblait être un atout chez moi. Et je peux vous dire, qu’il ne se passe pas un jour sans que je n’écrive un texte, un paragraphe, un article… etc.

J’ai une pensée pour cette enseignante de CM2, pour ma prof de maths du collège, ma prof de français du collège, mon prof de philo de la terminale, mes profs d’universités qui m’ont accompagné, qui ont guidé mes pas et m’ont apprécié pour la jeune fille engagée, travailleuse et m’ont toujours dit que je pouvais aller le plus loin possible…

La relation enseignants/élèves est fort précieuse, elle est vitale, indispensable des deux côtés… Beaucoup d’élèves décident de ne plus s’investir dans une matière soi-disant que leur professeur ne les aime pas et que ce dernier, autoritaire et indifférent, les sanctionne en leur donnant de mauvaises notes.

Doit-on améliorer les pratiques pédagogiques ? Peut-on dire ou penser que la valeur ajoutée d’un enseignant, de par sa manière de faire cours, est de pouvoir impacter la vie de ses élèves et d’influencer leur apprentissage. Et par là, d’en améliorer le rendement scolaire des élèves, et particulièrement ceux provenant de milieux défavorisés.

La relation enseignant/élèves n’est jamais facile. D’autant que le rapport à l’autorité a évolué. Les élèves sont de plus en plus irrespectueux et viennent à en oublier que leur professeur représente l’autorité et que leur professeur a toujours raison quel que soit la situation. Comment canaliser cette violence qui gangrène chez les plus jeunes qui démystifient le métier d’enseignant ? Les violences verbales des élèves envers les professeurs font partie du vécu des institutions scolaires, telles que insultes, menaces graves, injures, moqueries, mots blessants en direct, ou sur les réseaux sociaux, qui se prolongent en dehors des heures de cours.

Les enseignants sont aussi soumis à des violences plus insidieuses, qui apparaissent sous la forme de harcèlement, refus de participation, indiscipline, contestation permanente, non-respect des règles, dégradation du matériel, etc. De plus, l’intégrité physique et psychique des femmes enseignantes est davantage mise en danger par les violences et par le harcèlement qu’elles peuvent subir tant dans l’espace public que dans l’espace privé.

Entre bavardages et chahut, ce qui se passe, c’est que les élèves ne suivent pas le cours, gesticulent bruyamment, discutent entre eux, arrivent en retard, ne font pas leurs devoirs, ne font pas les punitions pour certains et cela crée un malaise dans la classe. Cela stimule le laisser-aller des autres qui décrochent aussi alors qu’ils avaient toutes leurs chances de faire une bonne année.

Les conflits et rapports de pouvoirs ne se limitent pas entre élèves et enseignantes. Les filles peuvent être victimes des garçons.

Les problèmes d’indiscipline se rencontrent également en dehors des cours, dans l’école en général. Depuis quelques années, le débat sur les violences et le « sentiment d’insécurité » a pris de l’importance dans les politiques urbaines, dans les médias et dans le champ de la recherche en sociologie. À en croire certains, l’insécurité va croissant, les temps n’ont jamais été aussi peu sûrs.

Les pouvoirs publics prêtent une faible attention à la problématique de la sécurité des femmes dans les villes. Les risques qu’elles encourent dans l’espace urbain sont encore largement appréhendés comme des menaces « naturelles », évidentes, que chacune doit gérer individuellement. Pour une femme, se déplacer seule et fréquenter des espaces collectifs implique donc un risque avéré d’être agressée. Pourtant, les violences masculines qu’elles peuvent vivre ou craindre sont autant d’entraves à leurs libres allées et venues. Il semble légitime, dans ces conditions, de se demander si elles peuvent être des citoyennes « comme les autres ». Comme je le dis très souvent, la rue ou l’espace public appartient aux hommes. Les femmes mettent en œuvre une véritable vigilance mentale.

La vulnérabilité des femmes est donc présentée comme une évidence, une caractéristique « naturelle », qui traverse les époques. Lorsqu’elles sont dans l’espace public, elles se doivent de « faire attention ».

Nombreuses sont les femmes et les filles qui gardent constamment à l’esprit le fait qu’elles risquent de subir des violences. Elles y pensent car elles entendent parler de violences faites aux femmes, partout, dans les réseaux sociaux, dans les médias, dans leur famille, auprès de leur voisinage et elles comprennent qu’elles sont les cibles potentielles. Le fait de subir soi-même une agression ou de connaître une victime constitue un autre facteur augmentant le sentiment d’insécurité. À ce titre, il faut également prendre en considération le fait que la fréquence des violences est liée à l’usage que les femmes font de l’espace public. Les femmes qui sortent seules la nuit sont proportionnellement davantage agressées.

Depuis l’Année internationale de la femme, en 1975 à nos jours, des femmes comme Marie Angélique Savané se sont battues pour une meilleure situation des femmes sénégalaises. Mais on se rend compte que la sécurité des femmes pose problème. Les femmes sont agressées, tuées, en raison de leur genre féminin. Ce qui est désastreux. Ces maux nous ne les réglerons pas uniquement entre femmes. Ce sont des questions de sociétés. Je m’adresse aux hommes progressistes de cette assemblée, vous avez tous des filles, des épouses, une mère, des tantes, des cousines, des amies, vous devez alors vous engager contre toutes formes de violences à l’égard des femmes. Comment aider, par ailleurs, les victimes de traumatismes, de violences conjugales etc.

Les femmes peuvent créer des espaces de parole dans les écoles. Et travailler avec des psychologues. Tout se joue maintenant à l’école.

Il faut donner le maximum de confiance aux élèves, les accompagner dans le bon sens du terme, les conscientiser et les former. Le métier de l’enseignant est bien noble.

Halima

4 réponses sur “VIOLENCES EN MILIEU SCOLAIRE”

  1. Je ne peux qu’approuver sur l’importance de l’éducation dans la construction de la fille, future femme mais également des garçons les hommes de demain.
    L’école a son rôle à jouer certes pour inculquer aux enfants les valeurs nécessaires afin qu’ils deviennent des citoyens responsables et autonomes; mais n’oublions pas le rôle des parents.
    Malheureusement, de nos jours beaucoup de parents sont démissionnaires ou alors leurs activités respectives ne leur permettent pas de se consacrer à l’éducation de leurs progénitures. Ils laissent à l’école le soin d’éduquer leurs enfants.
    C’est dans la famille que sont transmis les premiers valeurs.
    Les valeurs de sécurité, respect, bienveillance, solidarité, tolérance, amour, intégrité, partage, réussite, autonomie,… doivent être avant tout véhiculés par les parents. C’est à eux que reviennent le rôle de transmettre ses valeurs à leurs enfants au sein même de leurs foyers, ainsi ces derniers pourront l’assimiler et l’intégrer dans leur vie quotidienne.
    L’école sera juste en quelque sorte une continuité de ce vecteur de transmission.
    De plus, nous devons éduquer nos garçons comme nos filles de la même manière, pour leur donner les meilleurs outils dont ils auront besoin plus tard.
    L’apprentissage des tâches de la maison , la cuisine ou autres n’incombe pas seulement à la fille car tous les 2 sexes sont appelés plus tard à se réaliser, travailler et à fonder leurs propres foyers.
    On doit apprendre à nos garçons à respecter les filles/femmes et l’importance de leurs rôles dans notre société.
    Apprenons à mieux communiquer avec nos enfants, à être à leur écoute pour qu’ils sachent qu’ils peuvent exprimer librement leurs peines, leurs doutes, leurs frustrations…
    Et enfin Parents et École doivent travailler ensemble pour veiller au bien être et à l’équilibre des enfants. Les éduquer, les guider, les motiver, … pour leur donner les meilleurs départs possibles dans la vie.

    1. Merci Awa de ta riche contribution. Très contente de te lire. Je suis d’accord avec toi ; )
      Les enseignants ne peuvent en aucun cas remplacer les parents. Ceux-ci doivent – les premiers – éduquer leurs enfants, leurs inculquer certaines valeurs…

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